Sécheresse et dahlias : le point sur la situation
Alors que les températures grimpent et que la sécheresse persiste depuis plusieurs semaines, une question revient sur toutes les lèvres : quel sera l’impact de cette météo sur nos dahlias ? Une inquiétude légitime, d’autant plus que le Tapis de Fleurs de Bruxelles approche à grands pas (le 13 août) et que notre propre corso aura lieu le troisième dimanche de septembre. La bonne nouvelle ? Nos champs affichent une excellente santé, et ce n’est pas un hasard !
Une fleur qui aime la chaleur
Si l’on associe volontiers le dahlia à la terre argileuse de la Campine et à nos corsos traditionnels, cette fleur est à l’origine issue des hauts plateaux du Mexique. Elle aime les étés chauds ! Le fait que nos étés soient de plus en plus doux et ensoleillés n’est donc pas un problème en soi pour la plante.
La sécheresse persistante du printemps a néanmoins posé un premier défi. Début mai, nos bénévoles ont mis en terre quelque 75 000 tubercules de dahlias, répartis sur une dizaine de champs à Loenhout. Malgré la chaleur et le manque d’eau, environ 80 % d’entre eux ont levé. Avec quelque 62 000 plants vigoureux sur nos parcelles, nous disposons d’une excellente base pour la saison.
« Nous suivons les prévisions météorologiques de très près depuis cet hiver afin d’adapter notre planning », explique Jef Mertens, responsable du comité des fleurs. « En réagissant rapidement et en activant l’arrosage au bon moment, nous avons pu compenser efficacement les effets d’un printemps sec. »
Un arrosage régulier et stratégique
Le point faible du dahlia reste la sécheresse prolongée : sans un apport d’eau suffisant, les tiges s’affaissent et la floraison ralentit. Nos bénévoles n’ont donc pas compté leurs heures ces dernières semaines pour irriguer les cultures. Par chance, 95 % de nos parcelles disposent d’un accès direct à une source d’eau.
André Hertoghs, cultivateur de dahlias depuis 1986 pour le hameau BTM, connaît bien le sujet :
« Lors des étés secs, il faut arroser très régulièrement », confie-t-il. « C’est un travail exigeant pour nos bénévoles, mais c’est le seul moyen de garder des plants en pleine santé. »
Cet effort supplémentaire n’a pratiquement aucun impact financier pour la fondation. Le surcoût lié à l’irrigation est en grande partie compensé par des économies sur la protection des cultures : les maladies fongiques (comme la maladie des taches foliaires) se développent surtout par temps humide. La sécheresse permet donc de maintenir des champs remarquablement sains et propres.
Plutôt le sec que le trop-plein d’eau
En tant que cultivateurs, nous préférons nettement une période de sécheresse à un été détrempé. En cas de sécheresse, il suffit d’arroser. En revanche, lorsque les pluies s’enchaînent et que le sol est gorgé d’eau, les tubercules risquent de pourrir, entraînant la mort définitive de la plante. Les dahlias ont horreur d’avoir « les pieds dans l’eau » ! De ce point de vue, la situation actuelle est bien plus facile à gérer qu’un été pluvieux.
Cueillir chaque semaine pour stimuler la floraison
Dès le début du mois d’août, la floraison bat son plein et la cueillette hebdomadaire commence. En retirant chaque semaine les fleurs épanouies, on empêche la plante de s’épuiser à produire des graines, ce qui l’incite à former de nouveaux boutons. Un seul plant produit ainsi en moyenne une cinquantaine de fleurs sur l’ensemble de la saison.
Les fleurs coupées lors de ces premières semaines ne sont pas perdues pour autant : elles sont partagées avec les corsos partenaires de la région et des Pays-Bas. Cette entraide entre événements permet à chacun d’être soutenu, tout en préservant la vigueur des plants pour le point d’orgue de notre propre saison.
En route pour Bruxelles et le corso !
Pour notre propre corso, nous avons besoin d’un total d’environ 4 000 000 de dahlias. Comme il nous est impossible de tout cultiver nous-mêmes, nous complétons traditionnellement notre récolte avec les fleurs de nos corsos amis, principalement venus des Pays-Bas. Eux aussi ont suivi la météo de très près et, grâce à des efforts similaires dans leurs champs, l’approvisionnement est pleinement assuré.
Le jeudi 13 août, 100 de nos bénévoles réaliseront un tapis floral de 500 000 dahlias sur la Grand-Place de Bruxelles. La saison de cueillette venant à peine de débuter et les champs étant en parfait état grâce à l’arrosage, nous n’évoyons aucun pénurie ni retard pour cet événement.
« Quand les gens admirent le corso et que je sais que ces fleurs viennent de mon champ, cela me remplit de fierté », sourit André. « C’est pour vivre de tels moments qu’on fait tout ce travail. »
Les tuyaux et les arroseurs tournent à plein régime, les plantes sont resplendissantes, et nous abordons les mois d’août et de septembre avec une confiance totale et colorée !
